Des personnages de fictions intrigants. Episode 2 : Tuco Salamanca et Gustavo Frings, de la série Breaking Bad.

new-mexico-397830_960_720

Série Américaine fêtant cette année ses dix ans, Breaking Bad, créée par Vince Gilligan, est une des plus abouties et des plus intéressantes, tant par la mise en scène de chacun de ses épisodes, que par la multitude de ses personnages hauts en couleurs. Pour ce second épisode, j’ai pris le parti de ne pas m’attaquer aux personnages principaux que représentent Walter White et Jesse Pinkman. Nous ne manquerons pas de les étudier au cours d’un prochain article d’ici quelques semaines.

Nous débuterons tout d’abord par Salamanco Tuco, puis ensuite nous nous pencherons sur Gustavo Frings. Deux protagonistes apparaissant à des niveaux de l’intrigue éloignés, deux personnalités fortes et pourtant diamétralement opposées. C’est tout l’intérêt de cet article.

Commençons par le mexicain au sang chaud, pour ne pas dire bouillonnant et excessivement surexcité : Tuco. Un nom pareil évoque déjà en soi une certaine force, un soupçon de western et de violence. Tuco est un trafiquant de drogue chevronné, pas spécialement cultivé, si on s’en réfère à son langage très fleuri et à sa vulgarité. En dépit de son niveau d’éducation très limité, il s’avère être un homme particulièrement avisé en affaires et malin, pour ne pas dire roublard. Très nerveux et toujours prêt à sauter à la gorge de son prochain, le narco-trafiquant s’avère être un psychopathe sans limite, aux réactions imprévisibles et dangereuses. Il est capable de tuer sous le coup de la colère et ne ressent absolument aucune empathie pour autrui. C’est un individu détestable, et pourtant on réussit à s’y attacher. Il apporte beaucoup de vitalité et de force à l’intrigue, même si Tuco quitte rapidement la série. Ses accès de colère et son sarcasme en font un ennemi terriblement impitoyable et drôle. Il prétend avoir des dons divinatoires et voir l’avenir. C’est aussi un accroc à la drogue qui aime dominer ses semblables.

Comme nous pouvons le constater, ce qui rend ce personnage bon, c’est cette succession de caractéristiques parfois étonnantes et qui donnent du piment aux épisodes dans lequel il apparaît. Véritable bête noir du duo d’associés maladroits que sont Walter White, dit « Heisenberg » et Jesse Pikman, son imprévisibilité le rend difficile à cerner et insaisissable. C’est un personnage qui termine mal, tué rapidement par le chef de police Hank Schrader au cours d’une fusillade. Même mort, l’ombre de Tuco Salamanca refait rapidement surface, par l’apparition de membres du cartel venus rendre leur justice.

Nous n’entrerons pas davantage dans l’histoire, afin de ne pas trop « spoiler » le récit. On peut considérer que ce personnage n’évolue pas vraiment au cours de ses apparitions. Il est déjà bien atteint par ses crises de paranoïa et il est sur les dents dès son entrée en scène. Il se contente simplement de manifester un certain respect pour « el Señor Heiseinberg », cuistot réputé pour sa méthamphétamine presque pure, en guise de changement de comportement. Il arrive donc parfois qu’un personnage important ne reste toujours ce qu’il est, malgré les épreuves s’opposant à lui.

Autre ennemi juré du duo de « Pieds Nickelés » de Breaking Bad, l’effroyable Gustavo Frings. Le nom évoque quelque chose de froid, de rigoureux. Gustavo est un homme d’affaires aux multiples activités, qui est par la suite présenté comme un mystérieux Chilien ayant fui son pays d’origine, sans doute au cours de la dictature. C’est un homme métisse, qui dégage une certaine élégance, tant par son savoir-vivre que par sa sollicitude. Il porte des lunettes rondes et souvent un costume, notamment lorsqu’il travaille dans l’un des restaurants de sa chaîne de fast-food : « Los Pollos Hermanos », les « Frères Poulets ». Son activité officielle lui sert de couverture pour protéger ses affaires de narco-trafiquant bien plus lucratives, mais illégales. C’est un homme qui aime pouvoir tout contrôler et qui agit avec méthode et stratégie. Il aime planifier ses activités jusque dans les moindres détails et ne supporte pas l’imprévu et la prise de risque inutile. C’est un de mes personnages préférés, car il incarne le mal par excellence et parce qu’on apprend au fil de l’histoire qui est vraiment Gustavo Frings. Il apparaît d’abord comme un homme faible et parfois même craintif, il s’avère être le plus froid et le plus machiavélique des personnages de la série.

Ce protagoniste fin aux multiples facettes, très intelligent et en bien des points semblable à Walter White, est un adversaire de taille. Se livrant à une véritable partie d’échec où tous les coups sont permis, y compris les plus bas et le plus vils, l’évolution de Gustavo s’avère être « négative ». A son apparition, il semble être en mesure de tout contrôler, d’être maître de lui-même et de la situation, vers la fin il ressort moins fort et plein de doutes. Sans aucun doute, le « chimiste » a-t-il compris les points faible de Gustavo Frings.

Je synthétiserai le devenir de Gustavo de la sorte :

Plein d’assurance, gère ses affaires, se développe (début) + Épreuves (Guerres de territoire, guerre intestine, enquêtes policières) = Piégé, incapable de se dépêtrer, effondrement (fin).

Je terminerai cet article simplement, en disant que Breaking Bad a été et est d’ailleurs toujours, l’une de mes sources les plus inspirantes pour la création de mes personnages. La recherche de l’intrigue « organique », pour reprendre le terme de John Truby, notamment dans L’anatomie du scénario , se ressent en bien des points. Rien n’est laissé au hasard, cela va jusque dans les moindre détails. Rares sont les séries à être capable de mettre en scène des personnages aussi mauvais (je parle moralement), et de les rendre empathiques aux yeux du spectateur, avec des personnalités et des attitudes si différentes. Pour les fans de films de gangsters, mais aussi celles et ceux qui aiment l’aspect psychologique d’une intrigue, Breaking Bad est une série qui mérite d’être vue.

Sam Atticus.

True Romance, de Tony Scott et Quentin Tarantino

cartridges-2166491_960_720

True Romance, film sorti aux Etats-Unis en 1993 a été réalisé par Tony Scott et scénarisé par Quentin Tarantino. Il s’agit comme son titre l’indique d’une histoire d’amour entre un jeune raté travaillant comme employé dans une sorte de vidéo club : Clarence Worley et d’une prostituée : Alabama, rencontrée après un rendez-vous arrangé par le patron de Clarence. Il s’avère que le couple tombe malgré tout éperdument amoureux et décide de faire route commune.

C’est sans compter sur une succession de mésaventures que les amoureux vont devoir faire face. Possédant une valise remplie de cocaïne appartenant à la mafia, Clarence va tenter de faire fortune avec cette marchandise. Fans d’arts martiaux et de cinéma, les amants vont mener une existence excentrique, à la hauteur de leur loufoquerie. Autre fantaisie du film : l’apparition à certaines occasions d’Elvis Presley, qui apparaît comme le mentor de Clarence et qui l’encourage. Ce road movie décalé et trash est une belle balade dans l’esprit tordu et farfelu de Tarantino. Il est ponctué de répliques drôles et mordantes qui le rendent encore plus intéressant.

On sent bien l’état d’esprit  et l’univers de Quentin Tarantino, alliant violence, extravagance et recherche stylistique. Il fut un échec commercial à sa sortie, mais est aujourd’hui reconnu comme un film culte. Il s’agit là d’une oeuvre qui ne passe pas inaperçue, avec des mises en scènes et un jeu des acteurs toujours soignés.

Sam Atticus.

Sur la route, Jack Kerouac

mountain-road-1556177_960_720

Au détour d’une recherche sur le roman de route et le road movie, parce que ces deux types de livres et de films sont souvent l’occasion de s’évader le temps de quelques heures, j’ai découvert un écrivain américano-canadien, d’ascendance française de Bretagne.

L’auteur est connu pour être un des grands initiateurs du roman de route et de la beat génération, un mouvement littéraire et artistique du milieu de vingtième siècle. La beat generation a également participé à l’origine de la libération des mœurs, à laquelle l’Amérique du nord s’apprêtent à vivre durant les années soixante. J. Kerouac a eu une existence marquée par le voyage et une vie plutôt en marge de la société. Ses œuvres les plus marquantes : Sur la route, Les clochards célestes et Big sur, racontent la vie de l’écrivain et de ses acolytes, de façon romancée.

« Sur la route » est à l’origine une oeuvre novatrice dans son genre, puisque J. Kerouac affirme y avoir décrit sa jeunesse, en rédigeant son oeuvre d’une traite au gré de ses inspirations. Le roman est accessible, quoique parfois long et redondant à certains moments. Sal Paradise, le narrateur parcourt des milliers de milles à travers les routes des Etats-Unis, allant d’est en ouest et du nord au sud, ainsi qu’au Mexique. L’intrigue tourne autour de la relation d’amitié basée entre Sal et son ami Dean Moriarty, un homme instable et à la limite de la folie, et malgré tout fascinant et attachant.

Ces deux copains de la bourlingue ne voyageront jamais seuls, puisque de nombreux amis et des rencontres au gré de leurs escapades viennent se joindre à eux. L’alcool, les drogues, les filles, la voiture et la découverte de l’autre, rythment ce roman de route intriguant et passionnant. C’est l’occasion pour le lecteur de plonger en plein cœur de l’Amérique des années cinquante, au lendemain de la seconde guerre mondiale, avec une jeunesse qui apparaît à la fois désabusée et en proie à de nouvelles aspirations.

Le Jazz, l’aventure, l’expérimentation de l’illicite et la quête de sens dans un monde vaste et finalement assez monotone sont les quatre points cardinaux de l’univers de Jack Kerouac. C’est assurément un livre qu’il faut lire dans sa vie, ne serait-ce que pour le témoignage qu’il apporte sur une génération prometteuse et pour l’aspect culturel. Intrigué par la vie de l’auteur, je me suis fais offrir par ma famille la suite de « Sur la route » : « Les clochards célestes ». J’en parlerais probablement d’ici quelques mois.

Jack Jerouac mourut dans le dénuement le plus total, rongé par l’alcool, à l’âge de quarante sept ans. Il finira ses jours sans la présence de ses amis d’antan, mais après avoir vécu une vie bien remplie et laissé une oeuvre monumentale pour la postérité. En effet, bien des films et des romans s’inspirent encore aujourd’hui du style simple et intuitif dans le déroulement du genre littéraire et artistique que représente le roman de route et le road movie.

 

Des personnages de fictions intrigants. Episode 1 : Norma Louise et Norman Bates, de la série Bates Motel.

psycho-29041_960_720

Beaucoup d’entre vous ont sans doute entendu parler de la série américaine « Bates Motel ». Inspirée d’abord du roman Psycho de l’auteur américain Robert Bloch et du film d’Alfred Hitchcock « Psychose », un certain nombre de similitudes et de coïncidences sont reprises. D’abord le lieu d’habitation des deux personnages principaux : l’hôtel de Psychose. Ensuite la maladie de Norman Bates, un jeune adolescent souffrant d’une maladie mentale : le trouble de la personnalité dissociatif. Enfin, la relation ambiguë et malsaine qu’entretient Norman Bates avec sa mère : Norma Louise Bates.

La série se déroule dans un environnement moderne, adaptée aux goûts du jour et l’intrigue a été entièrement retravaillée, afin de pouvoir coller au standard d’une série télévisée, qui au passage, s’étend sur cinq saisons. On rentre d’abord dans l’histoire, en assistant à une scène étrange : Norman découvre son père allongé à terre, mort « accidentellement », à la suite d’une dispute violente avec sa mère. L’attitude étrange de Norman Louise laisse entendre qu’il ne s’agit probablement pas d’un accident, l’histoire est lancée.

Nous ne raconterons pas l’histoire, afin de ne pas gâcher la curiosité des lecteurs n’ayant pas encore eu la chance de suivre cette série, toutefois, nous allons nous pencher sur le tandem infernal qu’incarnent Norman et sa mère. L’intérêt de cet « exercice » consiste à étudier les caractéristiques des personnages, afin d’apprendre à créer des personnages réalistes. Pour donner encore davantage d’intérêt à ce travail, nous mettrons en place une réflexion sur ce que deviennent les personnages à l’issue du processus d’évolution auquel sont soumis les protagonistes.

Commençons tout d’abord par étudier le cas de Norma Louise Bates, la mère de Norman. Il s’agit d’une mère de famille de deux enfants : Dylan Masset, son fils aîné et Norman Bates, son fils cadet. Elle vient d’être veuve et décide de refaire sa vie dans l’Oregon, afin de changer d’atmosphère et de pouvoir avoir un projet commun avec son fils cadet, qui vient d’assister au décès de son père. Dylan et Norman ne sont pas issus de la même liaison, Norma Louise est très distante de son fils aîné qu’elle tient à l’écart des affaires de famille et même de son existence, du moins au tout début. Elle a connu de terribles drames dans sa famille, maltraitée par ses parents et a un frère prénommé Caleb, qu’elle cherche à tout prix à éviter. C’est une belle femme blonde d’une cinquantaine d’années environ, qui a un certain charme et qui plaît aux hommes, avec un caractère assez fort. Elle a tendance à surprotéger son fils cadet, qu’elle garde près d’elle et qu’elle surveille en permanence. Sa relation fusionnelle avec Norman Bates est intrigante et rapidement on comprend qu’elle frôle assez souvent l’inceste, dans les attitudes et leurs manières de se comporter. Ambitieuse et volontaire, elle tente autant que possible de gérer l’hôtel qu’elle vient d’acquérir, avec la prime d’assurance issu du dramatique accident qu’a subi son époux. En dépit des complications auxquelles elle va faire face, elle fait de son mieux pour redresser la barre. Psychologiquement instable, elle change assez souvent d’humeur, alternant les phases joyeuses aux phases colériques. Elle peut changer d’attitude du tout au tout, dès lors qu’elle se retrouve contrariée dans ses plans et ses projets.

Nous avons ici une proposition d’analyse succincte, du portrait de Norma Louise Bates. Personnage énigmatique de la série Bates Motel, à travers la succession d’épreuves qu’elle affronte au fur et à mesure de l’avancement de l’intrigue, elle finit par se réconcilier avec son fils aîné Dylan et par prendre ses distances avec son fils cadet Norman. Elle passe d’une situation de veuve à celui de femme mariée, et réussi tant bien que mal à couper le cordon avec Norman. Elle prend progressivement conscience de l’extrême gravité de la situation mentale de son fils cadet. Voilà un processus d’évolution intéressant à mettre en pratique, que l’on pourrait schématiser par cette synthèse :

Femme veuve, possessive et fusionnelle avec son fils (début) + Épreuves (viol, accidents, maladie de son fils …) = Femme mariée heureuse et accomplie, essaye de soigner son fils (fin).

Nous venons d’observer brièvement la personnalité de Norma Louise. Penchons nous désormais sur la personne de Norman Bates, le fils.

Norman est un jeune homme en train de devenir adulte. Sa personnalité timide, discrète et solitaire le rend étrangement attirant vis-à-vis de la gente féminine. Sa mère semble exercer sur lui, une sorte de castration psychologique dont il a d’abord du mal à se défaire. Lorsque de jeunes femmes de son âge commencent à tourner autour de lui, sa mère le met en garde des dangers que cela représente et des risques auquel il s’expose. Subissant d’abord une forme de manipulation de la part de Norma Louise, qui est jalouse de le voir s’éloigner d’elle, Norman essaye d’abord de rester à bonne distance des « tentations » se présentant à lui. C’est un jeune homme brun, toujours élégamment habillé et ayant une façon de s’exprimer particulièrement policée. Il veut absolument tout faire pour ne jamais déplaire à sa mère, même si rapidement l’appel de l’amour le fait désobéir. Souffrant parfois d’absence, il lui arrive de se trouver dans des situations apparaissant comme étranges et inquiétantes. Véritable aimant à filles et à femmes complexes et perturbées, il s’enfonce progressivement dans un état secondaire, le menant à des crises de psychoses de plus en plus fréquentes et intenses. A mesure que sa mère essaye de reconstruire sa vie sentimentale, Norman Bates devient à son tour jaloux et possessif, au point parfois de commettre des actes irréparables.

L’évolution du « patient » Norman Bates est particulièrement fascinante, à travers le déroulement de l’intrigue. Effectivement, il s’agit du personnage principal, quoique Norma Louise ne soit également indissociable de celui de son fils, toutefois, c’est bien la folie du jeune garçon qui est ici mise en lumière. C’est un jeune homme sensible et fragile au début de l’histoire, qui devient dur et impitoyable à la fin. La maladie dont il souffre s’empare de lui et le pousse à agir de façon cruelle et méchante. Le plus terrible dans Bates Motel, c’est qu’on ne peut finalement pas détester Norman, qui est lui même victime du trouble dissociatif de sa personnalité. Le personnage de Norman Bates est sans doute un des plus profonds et des plus étonnants qu’il nous ait été donné de voir. Le jeu de l’acteur y est pour beaucoup, toutefois c’est le processus auquel il est confronté, avec des difficultés à affronter toujours plus terrifiantes, qui permettent d’atteindre un tel niveau de complexité.

Une proposition de schéma évolutif de Norman Bates:

Garçon sensible, faible et naïf (début) + Épreuves (maladie, secrets de famille, apprentissage de la vie) = Jeune homme fou, pervers, jaloux et manipulateur (fin).

A travers ce premier épisode, j’ai voulu vous donner un aperçu de ce que peut être un travail d’analyse de personnages, avec un but bien précis : apprendre à créer à son tour des personnages forts et profonds.

J’espère que ce premier épisode de la série « Des personnages de fictions intrigants », vous a plu, n’hésitez pas à me faire des retours sur cet article.

Sam Atticus.

Protéger les droits d’auteur de son roman

safe-3407061_960_720

Cet article est avant tout à destination des écrivains de France (et de Navarre :p). Il peut servir aussi à d’autres, toutefois, n’étant pas juriste de profession, il n’a qu’un caractère purement descriptif de ma façon de faire et ne saurait aucunement m’engager davantage.

Il existe différents moyens de protéger la paternité de ses œuvres. Lorsqu’on a passé de nombreuses heures, journées, mois, voire années, il est légitime de vouloir protéger le fruit de son labeur et de pouvoir le moment venu, faire valoir ses droits. Je n’ai pas la prétention à travers cet article de vous donner un cours juridique sur la protection des droits d’auteur, ni de vous donner les meilleurs conseils en la matière. Ce n’est absolument pas mon cœur de métier et cela dépasse largement le champ de mes compétences.

Je vais simplement vous parler de la méthode que j’utilise pour prouver que je suis bien le créateur de mes romans et nouvelles. Tout d’abord, avant la phase finale d’écriture, je m’envoie régulièrement en pièce jointe et cela sur plusieurs boîtes mails m’appartenant, une copie de mon travail au fur et à mesure de son avancement. Si un jour, une personne venait à contester le fait que je suis bien l’auteur de mon travail, je suis en mesure de démontrer que le texte final, n’est pas tombé du ciel, qu’il a été créé sur plusieurs mois ou années, et que l’idée de base est bien sortie de mon cerveau, travail préparatoire à l’appui.

Ensuite, lorsque j’entre dans la phase d’écriture, du premier jet notamment, je m’envoie une fois encore l’ensemble des chapitres et fragments d’écritures, au gré de l’avancement du projet. Je poursuis cette façon de faire jusqu’à la finalisation de l’écriture, cela me permet de conserver un historique précis.

Une fois l’oeuvre achevée, il est désormais temps de passer à la phase la plus importante, la protection « officielle » de l’oeuvre. Certains s’envoient un manuscrit en lettre recommandé avec accusé de réception, qu’ils laissent « scellé », au cas où un litige surviendrait. C’est – d’après ce que j’ai pu comprendre- une méthode peu sûre et facilement contestable. Il y a aussi la possibilité de faire authentifier son oeuvre auprès d’un officier de justice, qui conservera la création sous scellé. Cette méthode serait plus fiable, malheureusement bien plus coûteuse. Elle se justifie pour un écrivain ayant des revenus fréquents et réguliers, qui a déjà un nom connu.  Enfin, il y a l’envoi d’une copie de son oeuvre, à un tiers de confiance. La SGDL, acronyme de : Société des Gens de Lettres, propose un service numérique de protection de l’oeuvre, renouvelable tous les ans ou tous les quatre ans, moyennant un abonnement.

J’ai choisi cette méthode, via le service Cleo, qui est un moyen de preuve pratique, notamment sur le territoire Français. J’espère évidemment ne pas avoir à être confronté à un litige de droit d’auteurs un jour, malheureusement, c’est une éventualité auquel nous devons faire face.

Sam Atticus.