Sur la route, Jack Kerouac

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Au détour d’une recherche sur le roman de route et le road movie, parce que ces deux types de livres et de films sont souvent l’occasion de s’évader le temps de quelques heures, j’ai découvert un écrivain américano-canadien, d’ascendance française de Bretagne.

L’auteur est connu pour être un des grands initiateurs du roman de route et de la beat génération, un mouvement littéraire et artistique du milieu de vingtième siècle. La beat generation a également participé à l’origine de la libération des mœurs, à laquelle l’Amérique du nord s’apprêtent à vivre durant les années soixante. J. Kerouac a eu une existence marquée par le voyage et une vie plutôt en marge de la société. Ses œuvres les plus marquantes : Sur la route, Les clochards célestes et Big sur, racontent la vie de l’écrivain et de ses acolytes, de façon romancée.

« Sur la route » est à l’origine une oeuvre novatrice dans son genre, puisque J. Kerouac affirme y avoir décrit sa jeunesse, en rédigeant son oeuvre d’une traite au gré de ses inspirations. Le roman est accessible, quoique parfois long et redondant à certains moments. Sal Paradise, le narrateur parcourt des milliers de milles à travers les routes des Etats-Unis, allant d’est en ouest et du nord au sud, ainsi qu’au Mexique. L’intrigue tourne autour de la relation d’amitié basée entre Sal et son ami Dean Moriarty, un homme instable et à la limite de la folie, et malgré tout fascinant et attachant.

Ces deux copains de la bourlingue ne voyageront jamais seuls, puisque de nombreux amis et des rencontres au gré de leurs escapades viennent se joindre à eux. L’alcool, les drogues, les filles, la voiture et la découverte de l’autre, rythment ce roman de route intriguant et passionnant. C’est l’occasion pour le lecteur de plonger en plein cœur de l’Amérique des années cinquante, au lendemain de la seconde guerre mondiale, avec une jeunesse qui apparaît à la fois désabusée et en proie à de nouvelles aspirations.

Le Jazz, l’aventure, l’expérimentation de l’illicite et la quête de sens dans un monde vaste et finalement assez monotone sont les quatre points cardinaux de l’univers de Jack Kerouac. C’est assurément un livre qu’il faut lire dans sa vie, ne serait-ce que pour le témoignage qu’il apporte sur une génération prometteuse et pour l’aspect culturel. Intrigué par la vie de l’auteur, je me suis fais offrir par ma famille la suite de « Sur la route » : « Les clochards célestes ». J’en parlerais probablement d’ici quelques mois.

Jack Jerouac mourut dans le dénuement le plus total, rongé par l’alcool, à l’âge de quarante sept ans. Il finira ses jours sans la présence de ses amis d’antan, mais après avoir vécu une vie bien remplie et laissé une oeuvre monumentale pour la postérité. En effet, bien des films et des romans s’inspirent encore aujourd’hui du style simple et intuitif dans le déroulement du genre littéraire et artistique que représente le roman de route et le road movie.

 

Des souris et des hommes, de John Steinbeck

Je me suis récemment décidé à lire « Des souris et des hommes », de John Steinbeck. Il s’agit là d’une des œuvres majeures de cet auteur américain de la première partie du vingtième siècle. J’en avais beaucoup entendu parlé et en dehors du roman « La perle », qui m’avait donné une bonne impression de l’écrivain, j’avoue avoir mis du temps à revenir vers lui.

Le thème du livre : « les conditions économique difficiles des ouvriers de l’époque », m’a beaucoup plu et j’y trouve une certaine similitude avec la précarité d’aujourd’hui. Témoignage de la dureté d’un monde dans lequel la pauvreté est synonyme d’asservissement, J. Steinbeck nous propose un roman court dans lequel l’intrigue avance rapidement, et mène inexorablement vers une fin prévisible.

J’ai aimé le tandem formé par les deux personnages principaux : Lennie le bêta et George le malin, liés pour le meilleur et pour le pire, dans un univers où la solitude est reine. Duo improbable, ces « Laurel et Hardy » aux destins tragiques nous font plonger dans une Amérique où le rêve américain est un mythe inatteignable. Le contexte historique, à savoir la crise des années trente et la Grande dépression, est à mettre en parallèle avec la crise des « subprimes », de ce début du vingt-et-unième siècle, avec les faillites en cascade de nombreuses familles, entreprises et pays.

Le style de l’auteur m’a également beaucoup plu et j’envisage désormais de me tourner vers la lecture de son autre oeuvre majeure : « Les raisins de la colère ». Je me réserve cette lecture pour dans quelques mois, le temps d’avancer dans deux autres lectures passionnantes : « Sur la route » de J. Kerouac et « Nous rêvions juste de liberté » de H. Loevenbruck.

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Lecture de la semaine : Les 47 Rônins, de George Soulié de Morant

Si comme moi vous êtes fan de la culture Japonaise, ce livre est fait pour vous. Véritable mythe au pays du Soleil Levant, Les 47 Rônins : le trésor des loyaux samouraï – G. Soulié de Morant , est ce qu’on peut tout simplement appeler un beau livre. Reprenant la trame de la célèbre vendetta menée par des samouraïs dont l’honneur fut bafoué, par le meurtre de leur maître : Naganori Asano, par un Seigneur local : Yoshinaka Kira.

On vit au rythme de l’Empereur Tokugawa Tsunayoshi, au cours duquel le système féodal est en vigueur. Dans ce livre parfaitement illustré, il est question de code d’honneur, de préparation minutieuse de l’attaque du traître Asano et des épreuves endurées par les 47 Rônins. Il y est également question du suicide rituel : le suppuku, au cours duquel le condamné s’éviscère en respectant un protocole dicté par le Bushido.

Merveilleusement illustré, ce livre est un beau voyage entre tradition et mythe fondateur de la nation Japonaise moderne. A consommer sans modération et passionnément, je vous invite à vivre à lire ce livre et à suivre aux côtés des Rônins, leurs aventures belliqueuses et palpitantes.

Sam Atticus.

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Un beau livre : Les Indiens d’Amérique du Nord (de E. Curtis)

Je souhaiterai vous parler aujourd’hui d’un livre que je possède et que j’ai trouvé vraiment exceptionnel: Les Indiens d’Amérique du Nord- de Edward S. Curtis . A travers un ensemble de portfolios réalisé par E. Curtis, on admire la beauté de peuples qui furent malheureusement déracinés et mis à l’écart de leurs propres terres. Véritable témoignage des coutumes des Indiens d’Amérique du Nord, il s’agit là d’un témoignage des derniers vestiges d’une civilisation sur le point de disparaître face à l’industrialisation et à l’occidentalisation du continent.

La suite, nous la connaissons tous, cantonnés à des réserves sans grandes ressources et confrontés aux fléaux que représentent l’alcoolisme, le manque d’instruction et la perte de leur identité, les Indiens d’aujourd’hui doivent lutter pour ne pas sombrer dans l’oubli et pour transmettre leur Histoire et leurs traditions aux générations futures.

A travers ce livre publié aux éditions Taschen, j’ai ressenti beaucoup d’émotion en pensant à toutes les peines que ces peuples ont eut à subir. Il a fallu des dizaines d’années au photographe pour réaliser ce documentaire et surtout s’attirer la confiance de gens qui se voyaient déposséder de leur vie.

Pour la qualité des photos et l’aspect historique de cet ouvrage, je crois qu’il mérite que l’on s’y intéresse. Au cours de ses plus de sept-cent pages, vous voyagerez à la rencontre d’un monde disparu, rempli d’humanité et de dignité…

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La dramaturgie, d’Yves Lavandier

Sur les conseils de plusieurs amateurs de théâtre et cinéma, j’ai acquis il y a quelques mois de cela un nouvel ouvrage traitant de l’art du récit. Distribué par les éditions « Le Clown à l’enfant », j’ai beaucoup apprécié l’aspect étude et analyse en profondeur, des mécanismes qui régissent le fonctionnement d’une histoire.

Yves Lavandier est un auteur, scénariste et script doctor français, ayant derrière lui une trentaine d’années de pratique. A la différence d’un grand nombre de supports très inspirés par la culture anglo-saxonne, ce livre a le mérite d’offrir un angle de vue inspiré aussi d’œuvres européennes et françaises. J’aime beaucoup la volonté de l’auteur de décortiquer dans les détails les fondamentaux du mécanisme du récit. Il s’agit dans La Dramaturgie, d’Yves Lavandier, de réaliser une analyse poussée des aspects théoriques, en les confrontant à de nombreux exemples illustrés.

L’aspect académique de cette encyclopédie peut sembler de prime abord assez « scolaire », et le ton de l’auteur, qui n’hésite pas à faire preuve de dérision, rebutera sans doute certains récalcitrants (ce ne fut pas mon cas pour ma part). Toutefois, il serait dommage de se priver d’un des rares supports d’inspiration latine et francophone.  Les exemples fouillés et en partie pris de la culture européenne sont un vrai plus, à l’heure de l’hégémonie de la culture américaine.

Une dernière précision relative à ce livre. Comme pour l’anatomie du scénario, de John Truby, l’auteur se veut d’abord un spécialiste du théâtre et de l’art cinématographique. Il n’a donc pas la prétention de vous guider dans la manière de construire un récit, propre à la structure du roman. Il y a cependant de nombreuses similitudes dans ces arts « parents ». A lire donc sans modération…

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L’anatomie du scénario, de John Truby

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Dans cet ouvrage qui pourrait s’apparenter à une encyclopédie de la science du scénario, John Truby nous explique de façon détaillée et précise, sa méthode pour élaborer un récit marquant et original. Marquant car il est question d’utiliser un ensemble d’artifices qui feront de votre histoire, une œuvre profonde qui saura jouer avec les émotions du spectateur (ou lecteur). Original car en respectant les règles du jeu présentées dans son « école », vous apprendrez à créer une œuvre forcément différente de ce qui a déjà été écrite.

John Truby est un script doctor, cela signifie que son métier consiste à corriger et à retravailler les scénarios de films, épisodes de séries … afin de leur donner davantage de crédibilité. J’évoquerai dans un prochain article la méthode John Truby dite de « scénario/intrigue organique ». L’anatomie du scénario présente un atout considérable, par rapport à bien des ouvrages, puisque l’ouvrage est exclusivement basé sur le thème mentionné dans le titre : le scénario … J’aime beaucoup aussi le fait qu’à la fin de chaque chapitre, est ajouté un ensemble de questions-réponses « professeur- étudiants » puisés des formations dispensées par l’auteur, mettant l’éclairage sur certains points.

S’appliquant davantage à l’art du visuel, il est un bon moyen d’obtenir une culture dans l’art de la mise en scène, essentielle dans la création d’un roman. À certains moments l’auteur pourra parfois vous sembler dogmatique (c’est ce que j’ai pu ressentir dans certaines parties du livre), toutefois j’ai été très satisfait de mes lectures et il m’arrive souvent de m’y replonger pour y puiser de nouvelles idées. C’est un livre qui mérite d’être possédé, pour les amateurs de romans ou même de cinéma. Un grand nombre d’exemples sont basés sur des grands classiques du cinéma américain, ce qui vous permettra de réviser et de vous replonger dans ces chefs d’œuvres cinématographiques.

Mes Secrets d’écrivain, d’Elizabeth Georges

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Dans mon précédent article, je vous ai parlé du livre de Bob Mayer, qui est à mon avis le plus adapté, pour une entrée en matière dans l’apprentissage de l’écriture d’un roman. Il est aujourd’hui temps de vous parler d’un autre ouvrage qui est une référence en la matière : l’ouvrage d’Elizabeth Georges Mes Secrets d’écrivain .

Elizabeth Georges est une écrivaine à succès américaine, dont la réputation n’est plus à démontrer, notamment pour ses célèbres romans policiers. Elle a derrière elle, une longue carrière et j’ai beaucoup appris en lisant ses points méthodologiques. À la différence du précédent livre que je vous ai présenté, Mes Secrets d’écrivain approfondi davantage les conseils dans le domaine de l’écriture à proprement parlé, avec les différents styles et tons pouvant être employés. Je le trouve excellent dans la mesure où il est bien fourni en exemples, avec une quantité d’extraits puisés des écrits de son auteure, mais aussi d’autres auteurs.

On pourra émettre une petite critique dans le fait que son travail se base quasiment exclusivement sur la partie écriture d’un livre, en ne traitant pas spécialement de la partie démarchage des éditeurs, ni de la promotion d’un livre. Il a cependant le mérite d’être complémentaire au livre de Bob Mayer et d’offrir un point de vue différent.