Se créer une routine dans l’écriture

Voilà bientôt un mois que j’ai créé ce blog, afin d’échanger avec vous sur une passion dévorante : l’Ecriture. J’aimerai vous parler tout d’abord de mon expérience personnelle. Comme beaucoup d’entre vous, l’initiation à ce domaine passe par l’école, le collège, le lycée, puis les études supérieures. Notre scolarité nous conditionne quelque part, à devenir des écrivains en puissance. Cela passe par l’apprentissage des règles grammaticales, orthographiques, de la conjugaison, à l’initiation aux langues antiques : Latin ou Grec, à l’étude de genres, thèmes, styles et époques… Nos professeurs nous inculquaient une culture littéraire de base que l’on pouvait ensuite choisir ou non d’améliorer.

En y réfléchissant bien, nous avons tous (ou presque) une base suffisante pour nous lancer dans l’écriture. Certains préféreront se plonger dans la poésie, d’autres dans la nouvelle, et d’autres encore dans le roman, en fonction de ses aspirations. A mes débuts, il y a cinq ans de cela environ, je n’avais aucune méthode. J’avais créé ce qu’on peut appeler une nouvelle (longue). Je n’étais pas régulier dans mon travail, je fonctionnais par à-coups selon mon inspiration et mon humeur. C’est à ce moment là que j’ai pris conscience de mes limites de l’époque. Il a fallut attendre deux ou trois ans pour que je m’y remette. J’avais il est vrai, quelques facilités dans l’écriture et beaucoup d’imagination. Ce n’était malgré tout pas suffisant pour aller plus loin.

Au détour d’un rayon de librairie, je me suis retrouvé avec un livre entre les mains Ecrire un roman et se faire publier – (de Bob Mayer) . En quelques survols, j’ai pris conscience de deux choses : sans motivation, on n’arrive à rien (et cela est valable pour tout dans la vie); et sans méthode; on n’avance pas.

Donnez-vous du temps pour progresser, car c’est vraiment la clé pour progresser. Le temps et la patience sont vos alliés précieux dans cette « quête ». Fixez-vous un an pour réaliser votre premier vrai roman. Vous pouvez vous entraîner avec un ou deux projets secondaires, destinés à vous faire la main et à améliorer votre style. Le style de l’écriture va s’affirmer à mesure que vous écrirez. Si vous n’avez pas le temps d’écrire deux heures par jour, ce qui est assez banal à notre époque, accordez-vous au moins trente à quarante-cinq minutes par jour pour écrire quelque chose. Ainsi, vous exercez votre capacité à penser, à structurer vos idées et à stimuler votre créativité. Planifiez votre projet sur un an, afin de mesure par pallier vos progrès, car sur un an vous aurez fait un pas de géant, c’est une certitude.

Donnez-vous d’abord trois mois pour écrire deux à quatre pages par jour, en continue. Vous pouvez vous donner des exercices ou en faire à partir d’ateliers d’écriture. A partir de ces trois mois de pratique régulière et quotidienne, s’installera en vous ce besoin d’écrire un peu chaque jour. Vous aurez trouver le moment le plus propice pour écrire : dans le train, au lever, au coucher … A chacun sa phase la plus productive et agréable. Sans vous en rendre compte, ces exercices vous auront permis de trouver vos mots avec plus de facilité. C’est aussi l’occasion d’éprouver du plaisir à se retrouver avec soi-même.

Durant cette période, ce sera aussi le moment de commencer à penser à ce que vous voulez écrire. Sur un petit carnet que vous aurez toujours à disposition dans votre sac ou sur votre table de chevet, n’hésitez pas à y noter des idées furtives qui vous passerez à l’esprit. Il arrive parfois qu’un événement, une conversation … puisse regorger d’informations ou d’idées intéressantes. Notre mémoire et notre attention étant de plus en plus stimulés et perturbés par le quotidien, le carnet de notes s’avère très utile.

Vous ferez un premier bilan : j’aime ou je n’aime pas écrire régulièrement. Au pire des cas, vous aurez améliorez votre capacité rédactionnelle, utile dans le monde professionnel. Vous n’avez rien à y perdre et tout à y gagner.

Passé ces trois mois d’apprentissage de la discipline, vous pourrez déjà vous imposer un rythme d’écriture plus conforme à vos réelles capacités. Préparez vos personnages, vos décors, vos intrigues … Et établissez une carte de route, destinée à atteindre votre objectif: créer et terminer votre roman. Tout au long des semaines et mois que nous passerons ensemble, nous aurons l’occasion d’étudier ensemble des points de méthode pour écrire.

Bien élaboré en amont, il ne vous faudra probablement qu’entre trois et six mois, pour achever le premier jet de votre roman. Selon le temps que vous pourrez y consacrer et vos efforts en amont. Si vous suivez ces premiers conseils, vous aurez les bases pour créer quelque chose de convenable. La phase du premier jet est toujours la plus excitante, elle est créative et pleine de promesses. C’est aussi à ce moment que vous vous confronterez régulièrement à vos limites. Tous les écrivains passent par cette phase, quelque soit leur niveau d’écriture : confirmé ou novice. Car les limites sont faites pour être dépassées. Croyez-moi en matière d’écriture, les limites n’existent que lorsqu’on se les impose et qu’on les accepte.

La phase de finalisation de votre roman devrait vous prendre à priori plus ou moins autant de temps : de trois à six mois. C’est à ce moment-là où vous déciderez ou non de poursuivre dans cette voie. Elle est ingrate et parfois indigeste : lire, relire et encore relire son ouvrage, qu’on connaît sur le bout des doigts et qu’on a idéalisé, car on y a mis de soi. Persévérez, ne vous démotivez pas, vous savez qu’une fois achevée cette phase, tout est à recommencer avec un nouveau projet. C’est alors un nouveau voyage qui débute, vers de nouvelles terres et destinations inconnues, durant lequel vous repousserez encore vos limites, améliorerez vos techniques et augmenterez vos capacités. C’est le prix à payer pour mériter le titre « d’écrivain ». Vous écrivez d’abord pour vous, avant d’écrire pour les autres. Aussi exigeant psychologiquement qu’un marathon, on n’est jamais sûr d’atteindre la ligne d’arrivée, mais en se donnant une routine et un but précis, on finit toujours par atteindre le terminus.

Sam Atticus.

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